À Amou-Oblo, dans la commune d’Amou 2, les cris d’angoisse des évacuations sanitaires d’urgence pourraient bientôt laisser place aux premiers vagissements de nouveau-nés accueillis dans des conditions modernes et sécurisées.

Ce samedi 16 mai 2026, la localité a officiellement inauguré son tout nouvel Hôpital Mère-Enfant, une infrastructure sanitaire de référence qui vient répondre à une attente de longue date des populations de la région des Plateaux.

Pensé comme un rempart contre la mortalité maternelle et infantile, cet établissement moderne ambitionne de rapprocher des soins spécialisés des femmes enceintes et des enfants, longtemps contraints de parcourir plusieurs kilomètres vers les grands centres urbains pour des prises en charge délicates.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités administratives, politiques et sanitaires, notamment le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Tessi, représentant le Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Étaient également présents le Directeur général de l’INAM, Justin Tchilabalo Pilantè, le Gouverneur de la région des Plateaux, le Général de Brigade Dadja Maganawè, le député-maire d’Amou 2, Meyebine Esso Gnassingbé, le questeur du sénat, Komlan Mally, ainsi que plusieurs cadres et élus de la région.

Construit sur une superficie de plus de 7 000 m², l’Hôpital Mère-Enfant d’Amou-Oblo dispose de 51 lits, de blocs opératoires modernes, de salles d’accouchement, d’unités de néonatalogie, de pédiatrie, de réanimation, d’imagerie médicale, de laboratoire et d’une pharmacie. L’infrastructure est également dotée d’équipements de pointe destinés à garantir une prise en charge efficace des urgences obstétricales et pédiatriques.

Le Directeur général de l’INAM, Justin Tchilabalo Pilante, a salué une réalisation qui traduit la volonté des autorités togolaises de rapprocher davantage les soins de qualité des populations. Selon lui, cet hôpital est « le symbole d’un engagement fort en faveur de la santé maternelle et infantile » et vient renforcer les efforts entrepris pour garantir un accès équitable aux soins à toutes les couches sociales. Il a également souligné que cette infrastructure permettra de réduire considérablement les risques liés aux accouchements compliqués et aux évacuations sanitaires répétitives dans la région.

Fruit d’un partenariat public-privé entre l’État togolais, l’INAM et la société néerlandaise ROK Development, ce projet s’inscrit dans la dynamique nationale de renforcement de la couverture sanitaire universelle et de modernisation des infrastructures de santé.

Le ministre Jean-Marie Tessi a rappelé que cet hôpital représente bien plus qu’un simple bâtiment sanitaire. Selon lui, il s’agit d’une réponse concrète de l’État aux besoins des populations à la base et d’une illustration de la volonté gouvernementale d’assurer aux femmes togolaises des accouchements dans des conditions dignes et sécurisées.


Pour les habitants d’Amou-Oblo et des localités environnantes, cette réalisation est accueillie comme une véritable délivrance. Plusieurs femmes de la commune ont exprimé leur soulagement face à la fin annoncée des longues évacuations vers Atakpamé, Kpalimé ou Lomé en cas de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

L’hôpital d’Amou-Oblo est le premier d’une série de cinq centres mère-enfant prévus dans différentes régions du pays, notamment à Togblékopé, Anié, Sotouboua et Guérin-Kouka. Une vision nationale qui traduit l’ambition des autorités togolaises de renforcer durablement le système sanitaire au profit des couches les plus vulnérables.
Avec ce joyau sanitaire désormais opérationnel, Amou-Oblo tourne une nouvelle page de son histoire. Ici, donner la vie ne devrait plus être un combat contre la montre ni une traversée de l’incertitude. Désormais, au cœur des Plateaux, des milliers de mères pourront espérer mettre leurs enfants au monde avec davantage de sécurité, de dignité et d’espoir pour l’avenir.
Jean-Marc Ashraf


