À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) a livré un message à la fois solennel et engagé. Entre hommage aux professionnels des médias et mise en garde contre les menaces croissantes qui pèsent sur la liberté d’informer, l’organisation appelle à une mobilisation collective pour préserver un pilier essentiel de la démocratie.
Dans son communiqué, l’UJIT dresse un constat préoccupant : l’information est aujourd’hui confrontée à de multiples dérives. Manipulations, désinformation et exploitation des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, contribuent à fragiliser la confiance entre citoyens et institutions.
À ces défis s’ajoutent les difficultés économiques des médias indépendants, qui peinent à assurer pleinement leur rôle de contre-pouvoir. Plus inquiétant encore, l’organisation souligne une montée significative de l’autocensure à l’échelle mondiale, alimentée par des pressions diverses : menaces, harcèlement numérique, intimidations judiciaires et contraintes économiques. Une forme de censure insidieuse qui s’installe sans contrainte apparente, mais avec des effets profonds sur la liberté d’expression.
Placée sous le thème « Façonner un avenir de paix », cette édition 2026 rappelle, selon l’UJIT, le rôle stratégique du journalisme dans la consolidation de la paix et de la gouvernance démocratique.
En facilitant l’accès à une information crédible, en renforçant la transparence et en favorisant le dialogue social, les médias contribuent activement à la stabilité des sociétés. Au Togo, cette mission revêt une importance particulière dans un contexte où la cohésion sociale et la confiance institutionnelle restent des enjeux majeurs.
L’UJIT a également salué les progrès enregistrés par le Togo dans le classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par Reporters sans frontières. Le pays a gagné 25 places, passant du 121ᵉ au 97ᵉ rang sur 180 pays, quittant ainsi la catégorie des environnements « difficiles » pour celle des contextes « problématiques ».
Si cette évolution est jugée encourageante, l’organisation insiste néanmoins sur la nécessité de consolider ces acquis. Elle invite notamment les autorités togolaises à renforcer le fonds d’aide publique à la presse afin de soutenir durablement les médias dans l’accomplissement de leur mission d’intérêt général.
Face à ces enjeux, l’UJIT réaffirme son engagement à défendre les journalistes victimes de pressions, à promouvoir l’éthique professionnelle et à œuvrer pour un environnement juridique et économique favorable à l’indépendance des médias.
Dans un message empreint de détermination, son secrétaire général, Eli Goka-Adokanu, rappelle que « la plume au service de la paix est plus puissante que jamais », appelant les professionnels des médias à poursuivre leur mission avec courage et responsabilité.
Au-delà de la célébration, cette Journée mondiale de la liberté de la presse sonne comme un appel à la vigilance. Car si des progrès sont perceptibles, les défis restent nombreux. La consolidation d’une presse libre, professionnelle et indépendante apparaît plus que jamais comme une condition indispensable à l’ancrage démocratique et à la paix durable au Togo.
Jean-Marc Ashraf


