Alors que la liberté de la presse connaît une dégradation inquiétante à l’échelle mondiale, le Togo se distingue par une progression notable dans le classement 2026 de Reporters sans frontières (RSF). Une évolution qui, au-delà des chiffres, traduit une dynamique encourageante, mais qui appelle également à la vigilance.
Selon le dernier classement de RSF, le Togo gagne près de 24 à 25 places en un an, passant de la 121ᵉ à la 97ᵉ position sur 180 pays. Cette progression intervient dans un contexte international particulièrement préoccupant, marqué par un recul global de la liberté de la presse.
Pour la première fois depuis la création de cet indice, plus de la moitié des pays évalués se trouvent dans une situation jugée « difficile » ou « très grave », signe d’une pression croissante sur les médias à travers le monde.
L’évolution du Togo ne se limite pas à un simple bond au classement. Elle repose sur des progrès enregistrés dans plusieurs indicateurs clés : sécurité des journalistes, cadre juridique, environnement politique, économique et social.
Des avancées particulièrement marquées sont observées sur le plan sécuritaire, traduisant une meilleure protection des professionnels des médias. D’autres domaines, comme le cadre légal et l’environnement économique, affichent également des améliorations, bien que plus modestes.
Cette progression globale témoigne d’un processus de structuration progressive du paysage médiatique togolais, dans un environnement régional où les tendances sont souvent inverses.
Un signal positif, mais des défis persistants
Si cette performance est saluée comme l’une des plus remarquables en Afrique de l’Ouest, elle ne saurait occulter les défis encore présents. Le Togo demeure classé dans la catégorie des pays à situation « problématique », un niveau qui appelle à la consolidation des acquis.
Par ailleurs, le contexte récent rappelle que les tensions entre médias et autorités ne sont pas totalement dissipées, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts pour garantir un climat pleinement favorable à l’exercice du journalisme.
Cette progression du Togo dans le classement 2026 de RSF apparaît ainsi comme un signal d’espoir dans un paysage mondial en crise. Elle traduit des avancées réelles, mais encore fragiles, qui nécessitent un engagement continu de tous les acteurs : pouvoirs publics, professionnels des médias et société civile.
Car au-delà du classement, l’enjeu reste le même : faire de la liberté de la presse un véritable levier de transparence, de démocratie et de cohésion sociale.
Jean-Marc Ashraf


