Grâce à la formation de ses agents de terrain et au déploiement de pièges de surveillance, la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) entend accompagner les producteurs vers une utilisation plus raisonnée des produits phytosanitaires, avec des bénéfices attendus sur les coûts de production et la durabilité des cultures.

Notsè, 9 septembre 2026 – Mieux protéger les cultures de coton tout en réduisant les traitements phytosanitaires inutiles : c’est l’objectif de la démarche engagée par la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) dans le cadre du déploiement des pratiques d’agriculture régénératrice et de réduction de l’empreinte environnementale de la production cotonnière.
Avec l’appui financier et technique d’Olam Agri, à travers son département mondial de Durabilité (Global CR&S), la NSCT a organisé une formation destinée à renforcer les compétences de son personnel de terrain en matière de Gestion intégrée des ravageurs (GIR).

Des traitements mieux ciblés, des gains potentiels pour les producteurs

Les ravageurs du cotonnier figurent parmi les principaux défis de la production cotonnière. Pour y faire face, la NSCT mise sur une surveillance plus précise des parcelles, permettant de mieux connaître la présence des insectes nuisibles et d’adapter les interventions phytosanitaires à la situation réelle des cultures.
La formation a notamment porté sur l’utilisation des pièges chromatiques collants et des pièges à phéromones, ainsi que sur leur installation, leur suivi et leur entretien dans les champs de coton. Les agents ont également été formés à la collecte et à l’analyse des données de surveillance, afin de déterminer les seuils d’infestation et de mieux orienter les décisions de traitement.
Pour les producteurs, cette approche ouvre la voie à plusieurs bénéfices attendus : une réduction des traitements qui ne seraient pas nécessaires, une meilleure maîtrise des dépenses liées aux produits phytosanitaires et une utilisation plus efficace des moyens de protection des cultures. En intervenant sur la base d’observations concrètes plutôt que selon un calendrier systématique, l’objectif est de contribuer à une production plus efficiente et à l’amélioration de la rentabilité des exploitations.
« Cette formation va nous permettre, en retour, d’aller sensibiliser nos producteurs pour pouvoir les aider à faire des traitements qui vont être plus économiques avec eux », explique N’dahoulma Anaware, agent technique commercial (ATC) à Notsé.
Il souligne l’intérêt de cette évolution par rapport à une pratique de traitements à intervalles fixes : « Maintenant, avec l’implémentation de ces pièges, ça nous permettra de déterminer le seuil de nuisibilité des ravageurs avant de pouvoir enclencher les traitements. »
Une protection renforcée des cultures et de l’environnement
Au-delà de la recherche de gains économiques, la surveillance des ravageurs constitue un levier pour limiter l’empreinte environnementale de la production cotonnière.
En favorisant une utilisation plus raisonnée des produits phytosanitaires, la démarche vise à réduire les applications qui ne seraient pas justifiées par le niveau réel d’infestation. Elle s’inscrit ainsi dans une logique de protection des ressources naturelles et d’évolution vers des pratiques agricoles plus durables.
Cette orientation rejoint les ambitions de la NSCT en matière d’agriculture régénératrice, qui associe l’amélioration des moyens de subsistance des producteurs à une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux.
L’enjeu consiste donc à trouver un équilibre entre la protection efficace du cotonnier, la maîtrise des charges de production et la réduction des pressions exercées sur l’environnement. Les résultats dépendront notamment de la qualité du suivi des parcelles, de l’interprétation des données et de l’application effective des recommandations techniques.
Une session pratique consacrée à l’installation des pièges dans un champ de cotonnier a complété la formation théorique, afin de permettre aux agents de maîtriser les méthodes nécessaires au suivi des parcelles.
La formation a également bénéficié de la participation des chercheurs de l’ITRA-CRASH de Kolokopé, qui ont apporté leur expertise scientifique aux agents de terrain.

Vers une diffusion progressive des outils de surveillanceÀ l’issue de cette initiative, 2 000 pièges chromatiques collants et à phéromones doivent être distribués aux agents techniques commerciaux pour leur installation dans les champs, avec une couverture envisagée d’environ 500 hectares.
Ce déploiement représente une étape dans l’évolution des pratiques de protection du cotonnier au Togo.
Mieux surveiller pour mieux décider, mieux protéger et mieux produire : une démarche au service des producteurs et de la durabilité de la filière cotonnière togolaise.
Jean-Marc Ashraf


