samedi, février 14, 2026

Salubrité publique et gestion des déchets : Le gouvernement renforce les pouvoirs et les obligations des communes

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Lomé, 12 février 2026 – Une circulaire conjointe signée par quatre ministres stratégiques du gouvernement togolais vient rappeler avec fermeté aux maires leurs responsabilités élargies en matière de salubrité, de gestion des déchets et de protection de l’environnement. Datée du 12 février 2026 et portant le numéro 186 /MATGLAC/MERFPCCC/MSHPCSUA/MATU/2026, cette instruction interministérielle fixe un cadre d’action renforcé pour les collectivités locales, désormais tenues d’agir sans délai face à l’insalubrité croissante dans les villes et villages du pays.

Signée par les ministres en charge de l’administration territoriale, de l’environnement, de la santé et de l’urbanisme, cette circulaire s’inscrit dans la continuité des réformes législatives récentes. Elle s’appuie notamment sur la loi-cadre sur l’environnement de 2008, le code de la santé publique de 2009 et les textes sur la décentralisation. Elle intègre également les décrets de 2023 et 2024 relatifs aux compétences partagées entre l’État et les communes dans les domaines de l’hygiène, de l’eau et de l’assainissement.

La circulaire ne se contente pas de rappeler des principes généraux. Elle dresse une liste d’obligations opérationnelles à la charge des maires, parmi lesquelles :

· L’élaboration et la mise en œuvre, dans les plus brefs délais, de plans communaux de salubrité et de gestion des déchets, adaptés aux réalités locales ;
· L’organisation régulière d’opérations d’assainissement et de nettoyage des espaces publics, marchés, voies et zones sensibles ;
· La mise en place ou le renforcement des dispositifs de collecte, de transport et de traitement des déchets, dans le respect des normes environnementales ;
· L’identification et l’aménagement de sites dédiés au transit ou au traitement des déchets ;
· L’adoption et l’application stricte d’arrêtés municipaux en matière d’hygiène et de cadre de vie ;
· L’exercice effectif du pouvoir de police administrative pour prévenir et sanctionner les infractions ;
· La promotion d’une citoyenneté responsable tournée vers le respect de l’environnement.

Les services déconcentrés de l’État ne sont pas en reste. Ils sont expressément invités à fournir aux communes un appui technique et institutionnel dans la mise en œuvre de ces missions. Cette collaboration doit garantir la cohérence des actions menées aux échelles locale et régionale.

Le ton de la circulaire ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « Il est attendu de chaque acteur concerné une mobilisation et un investissement accrus dans la réalisation effective de ses responsabilités, à la mesure des défis sanitaires, environnementaux et sociaux rencontrés au niveau des communes. »

Les autorités communales sont invitées à prendre sans délai des mesures concrètes et à signaler toute difficulté à la tutelle.

À un peu plus d’un an des élections municipales prévues en 2027, cette circulaire conjointe constitue un signal politique clair : le gouvernement entend placer la gestion du cadre de vie au cœur de l’évaluation de l’action publique locale. Elle intervient dans un contexte où plusieurs grandes villes togolaises, y compris Lomé, font face à des défis récurrents d’ensablement, de dépotoirs sauvages et d’insuffisance des infrastructures de traitement.

Les associations de consommateurs et les organisations de défense de l’environnement saluent déjà cette initiative, tout en appelant à une allocation conséquente de ressources financières et humaines pour permettre aux communes de remplir ces missions. Du côté de l’Union des communes du Togo, on indique prendre acte de ces nouvelles orientations et travailler à leur déclinaison opérationnelle.

E. Séna

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