Par Jean-Marc Edron
Le changement climatique impose de nouveaux défis à l’agriculture. Pluies irrégulières, sécheresses prolongées et épisodes de fortes précipitations perturbent les calendriers agricoles, réduisent les rendements et fragilisent les revenus des producteurs. Dans ce contexte, la maîtrise de l’eau devient une condition essentielle pour sécuriser la production alimentaire.
Dans de nombreuses zones rurales, l’agriculture reste fortement dépendante des précipitations. Une longue pause pluviométrique peut compromettre une campagne entière. L’irrigation, les retenues d’eau, les petits barrages, la récupération des eaux pluviales et les techniques de conservation de l’humidité des sols offrent aux producteurs des solutions pour mieux faire face aux aléas climatiques. Ces dispositifs permettent également de diversifier les productions, notamment à travers le maraîchage, et de générer des revenus plus réguliers.
La maîtrise de l’eau dépasse la seule exploitation agricole. Une production plus régulière contribue à maintenir l’approvisionnement des marchés et à réduire les risques de pénurie liés aux mauvaises saisons. Elle participe ainsi à la réduction de la dépendance aux importations. Un pays capable de sécuriser sa production agricole renforce sa capacité à nourrir sa population et à résister aux fluctuations des marchés extérieurs. L’eau devient donc un élément complémentaire aux autres facteurs de production : terres, semences, financements, équipements et intrants.
Maîtriser l’eau ne signifie toutefois pas multiplier les prélèvements. L’enjeu est de produire davantage avec une utilisation plus efficace de la ressource.
Irrigation économe, récupération des eaux de pluie, conservation des sols et protection des nappes et cours d’eau doivent être davantage encouragées. La lutte contre le gaspillage et la pollution est également indispensable. Cette responsabilité concerne les producteurs, mais aussi les collectivités, les services techniques, les organisations paysannes et les pouvoirs publics.
Face à l’incertitude climatique, l’eau doit désormais être considérée comme un investissement stratégique pour l’avenir de l’agriculture.
Sécuriser l’eau, c’est sécuriser les cultures. Sécuriser les cultures, c’est renforcer la sécurité alimentaire. Et renforcer la sécurité alimentaire, c’est avancer vers une véritable souveraineté alimentaire.
L’avenir de l’agriculture dépendra donc aussi de notre capacité collective à préserver, mobiliser et utiliser intelligemment chaque goutte d’eau.


