Amlamé, 28 septembre 2026 – À l’approche de la nouvelle saison agricole, les autorités locales d’Amou ont choisi d’anticiper les éventuelles difficultés liées à la transhumance. Une rencontre de sensibilisation s’est tenue lundi à Ezimé, dans la commune d’Amou 1, en présence des autorités déconcentrées, des élus locaux, des chefs traditionnels, des responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS), ainsi que des éleveurs.
L’objectif de cette rencontre était de rappeler à tous les acteurs les règles à observer pour préserver la paix et la cohésion au sein des communautés. Dans les localités où agriculteurs, éleveurs et autres habitants partagent les mêmes espaces de vie, la prévention des tensions apparaît comme un enjeu important à l’approche de la saison agricole.
Prenant la parole, le préfet d’Amou, M. GAVLO Komi Amen a appelé les éleveurs et les populations à privilégier le dialogue, la compréhension mutuelle et le respect des règles. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver les relations de bon voisinage et d’éviter les comportements susceptibles de créer des tensions entre les communautés.
Les maires des communes Amou 1 et Amou 3, ainsi que l’adjoint au maire de la commune Amou 2, ont également invité les acteurs à faire preuve de responsabilité. Les éleveurs ont été encouragés à veiller à la bonne conduite de leurs troupeaux, tandis que les populations ont été appelées à favoriser le dialogue et à recourir aux mécanismes locaux de règlement des différends en cas de problème.
Une attention particulière a été accordée au respect des couloirs de transhumance. Ces espaces constituent des passages aménagés pour permettre aux troupeaux de se déplacer sans empiéter sur les terres cultivées. Leur utilisation correcte permet de limiter les dégâts dans les champs et, par conséquent, de prévenir de nombreux conflits entre agriculteurs et éleveurs. Ces derniers ont ainsi été invités à maintenir leurs troupeaux sur les itinéraires prévus et à éviter leur passage dans les champs. Les populations et les agriculteurs sont, de leur côté, appelés à préserver les couloirs de transhumance et à éviter toute occupation susceptible d’entraver la circulation du bétail.
Au-delà d’une simple règle administrative, le respect de ces couloirs a été présenté comme un outil de prévention et un facteur essentiel du vivre-ensemble dans les communautés. Lorsque chacun respecte les espaces et les activités de l’autre, les risques de dégâts, de malentendus et de tensions diminuent.
Le commandant de la compagnie d’Amlamé, le capitaine Awissaba, est également intervenu pour apporter des éclaircissements sur les dispositions sécuritaires et réglementaires relatives à la transhumance. Il a rappelé l’importance pour les différents acteurs de connaître les règles et de les respecter afin de contribuer à la sécurité de tous.
Les échanges ont également porté sur les dégâts causés aux cultures par les animaux, le paiement des taxes de pâturage et les conditions de déplacement des troupeaux. Une séance de questions-réponses a permis aux participants de soulever leurs préoccupations et d’obtenir des éclaircissements.
À travers cette démarche, les autorités locales entendent agir en amont plutôt que d’attendre l’apparition des conflits. La sensibilisation vise ainsi à responsabiliser aussi bien les éleveurs que les agriculteurs et l’ensemble des populations. Dans les communautés, la prévention des conflits liés à la transhumance repose en effet sur une responsabilité collective, celle de respecter les règles, protéger les biens d’autrui, privilégier le dialogue et rechercher des solutions pacifiques aux différends.
À l’orée de la nouvelle saison agricole, l’enjeu est donc de maintenir un climat de confiance entre les différentes communautés et de faire de la transhumance une activité compatible avec la paix, la sécurité et le vivre-ensemble.
Marcel Akakpo

