jeudi, juillet 9, 2026

Agriculture durable : La NSCT mise sur les cultures régénératrices pour transformer durablement les conditions de vie des cotonculteurs togolais

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Atakpamé – Plus qu’un simple projet agricole, c’est une nouvelle vision du développement rural qui vient d’être enclenchée au Togo. En lançant officiellement le projet « Cultures régénératrices du coton : bâtir des moyens de subsistance résilients face au changement climatique et des communautés rurales prospères au Togo », la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), en partenariat avec OLAM Global CRS et avec le soutien financier de l’African Cotton Foundation (ACF), ambitionne de répondre aux défis climatiques tout en améliorant durablement les revenus et les conditions de vie de près de 23 850 producteurs de coton.

La cérémonie de lancement a réuni le maire de la commune Ogou 1, Dr Komlan Mensah Kassamada, le Secrétaire général de la préfecture de l’Ogou représentant le gouverneur de la région des Plateaux, le président du Conseil d’administration de la Fédération Nationale des Groupements de Producteurs de Coton (FNGPC), ainsi que les responsables de la NSCT, des partenaires techniques et financiers et de nombreux producteurs venus des différentes zones cotonnières.

Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, le Directeur régional de l’Agriculture Plateaux-Est, Kokou Konoutchi, a rappelé que le coton demeure une culture stratégique pour l’économie nationale. Cependant, les effets du changement climatique, la baisse de fertilité des sols, l’érosion et les pratiques culturales peu durables compromettent de plus en plus la productivité des exploitations.
Selon lui, ce projet traduit la volonté du gouvernement de promouvoir une agriculture capable de produire davantage tout en protégeant les ressources naturelles.
« Ce projet constitue un exemple concret de partenariat réussi entre l’État, le secteur privé et les partenaires au développement », a-t-il déclaré, invitant les producteurs à adopter pleinement les nouvelles pratiques agricoles qui leur seront proposées.
Il a également insisté sur la nécessité d’un accompagnement technique de proximité afin de garantir l’atteinte des objectifs fixés.

Au-delà de la protection de l’environnement, le projet est conçu pour générer des retombées économiques et sociales durables dans les communautés rurales. Il prévoit notamment la formation de formateurs, la mise en place d’écoles pratiques d’agriculture, la diffusion de techniques innovantes comme le biochar et le bokashi, le renforcement des capacités des groupements de producteurs, la lutte contre l’érosion des sols ainsi que la recherche participative adaptée aux différentes zones agroécologiques du pays.

Pour les bénéficiaires, ces actions devraient se traduire par une amélioration progressive de la fertilité des terres, une hausse des rendements agricoles, une réduction des coûts liés aux intrants, une meilleure conservation de l’humidité des sols et une plus grande résilience face aux sécheresses et aux aléas climatiques.
À terme, les exploitations devraient devenir plus productives et plus rentables, permettant aux ménages agricoles d’accroître leurs revenus, de renforcer leur sécurité alimentaire et de mieux faire face aux périodes difficiles.
Le projet contribuera également au développement des compétences techniques des producteurs, à la professionnalisation des organisations paysannes et à la diffusion de bonnes pratiques agricoles susceptibles d’être reproduites à grande échelle dans les différentes régions cotonnières du pays.

Le Directeur général de la NSCT, Martin Drevon, a expliqué que cette initiative s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs années.
« Ce projet n’est pas une rupture, mais l’aboutissement logique d’un chemin que la NSCT a choisi de tracer avec méthode et détermination », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que dès 2023, avec l’appui d’OLAM Global CRS, les agents de terrain avaient été formés aux techniques d’agriculture régénératrice, notamment le labour zéro, les ouvrages antiérosifs, ainsi que la fabrication du biochar et du bokashi.
Ces efforts ont déjà produit des résultats significatifs lors de la campagne agricole 2025-2026, avec la création de 40 champs-écoles paysans, la formation de 37 550 producteurs au labour zéro dont 23 900 l’ont adopté, la formation de 36 650 producteurs à la rotation des cultures avec un taux d’adoption de 97 %, ainsi que la production de plus de 27 tonnes de biochar et 24 tonnes de bokashi grâce à l’appui de l’ITRA, de l’Université de Lomé, d’OLAM Global CRS et de la British Academy.

Le Directeur général a également rappelé que la stratégie de la NSCT ne se limite pas à la production cotonnière.
Les communautés bénéficient déjà de nombreuses actions sociales, notamment des caravanes médicales ayant permis la prise en charge de 2 650 personnes, la création de 168 associations villageoises d’épargne et de crédit, la réalisation de 18 forages d’eau potable, un programme pilote d’alphabétisation au profit de 438 producteurs, la plantation de plus de 10 000 arbres ainsi que l’expérimentation de 200 foyers améliorés destinés à réduire la consommation de bois-énergie et les maladies respiratoires.
Autant d’initiatives qui renforcent le bien-être des populations rurales tout en accompagnant la transition vers une agriculture plus durable.

Au nom des bénéficiaires, le président du Conseil d’administration de la FNGPC, Koussouwè Kouroufei, a salué un projet qui répond aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années par les cotonculteurs.
Il a indiqué que les producteurs attendent principalement un accompagnement technique de qualité, un meilleur accès aux innovations agricoles et des solutions concrètes pour restaurer les sols, améliorer les rendements et sécuriser leurs revenus malgré les effets du changement climatique.
Il a également réaffirmé l’engagement des organisations paysannes à accompagner activement la mise en œuvre du projet, convaincu que son succès dépendra de la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière.

En procédant au lancement officiel du projet, le représentant du ministre de l’Agriculture a exprimé la reconnaissance du gouvernement à l’endroit de l’African Cotton Foundation pour son soutien financier, ainsi que de la NSCT et d’OLAM Global CRS pour leur engagement en faveur du développement durable.

Au-delà des innovations techniques qu’il introduit, ce projet ouvre une nouvelle page pour les producteurs de coton togolais. En leur donnant les moyens de restaurer durablement leurs terres, d’accroître leurs rendements et de mieux résister aux effets du changement climatique, il nourrit l’espoir d’une amélioration tangible de leurs revenus et de leurs conditions de vie. Pour les milliers de familles bénéficiaires, cette initiative représente bien plus qu’un programme agricole : elle incarne la promesse d’un avenir où performance économique, préservation de l’environnement et prospérité des communautés rurales évolueront de concert. Si tous les acteurs maintiennent leur engagement, le Togo pourrait faire de son agriculture régénératrice un véritable levier de transformation durable, au bénéfice des générations présentes et futures.

Jean-Marc Ashraf

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