À Tsévié, la promotion d’une alimentation saine en milieu scolaire prend une nouvelle dimension. L’Union Régionale des Organisations de Producteurs de Céréales de la Maritime (UROPC-M) a choisi de placer les apprenants au cœur de sa stratégie, en les impliquant directement dans une dynamique de valorisation des produits locaux à forte valeur nutritive.

Les 31 mars et 2 avril 2026, les établissements CEG Ville II et le groupe scolaire Sainte Fatima ont servi de cadre à des séances d’éducation nutritionnelle interactives, organisées dans le cadre du projet « Développement et structuration des filières oléoprotéagineuses au Sud Togo ». Soutenue par l’Afdi et la Fondation Avril, cette initiative met en lumière une approche intégrée reliant agriculture locale, nutrition et éducation.
Sur le terrain, l’approche adoptée par l’UROPC-M a privilégié la pédagogie active. À travers des échanges, des démonstrations culinaires et des dégustations, les élèves ont découvert les atouts nutritionnels de produits souvent sous-estimés dans les habitudes alimentaires quotidiennes. L’arachide, le pois d’angole et le voandzou ont ainsi été présentés comme de véritables alliés pour la croissance, grâce à leur richesse en protéines, en énergie et en micronutriments essentiels.

Au-delà de la simple sensibilisation, l’initiative vise un changement durable des comportements alimentaires. En s’adressant aux jeunes dès le milieu scolaire, l’UROPC-M entend poser les bases d’une génération plus consciente des enjeux nutritionnels et davantage tournée vers la consommation des produits locaux.
L’engouement suscité au sein des deux établissements témoigne de la pertinence de cette démarche. Élèves comme enseignants se sont fortement impliqués, partageant expériences et préoccupations liées à l’alimentation. Cette interaction a permis non seulement de déconstruire certaines idées reçues, mais aussi de valoriser des pratiques alimentaires plus équilibrées et accessibles.

Au total, près de 3 500 participants ont été touchés par ces activités, preuve de l’ampleur de l’action menée. Pour le coordonnateur de l’UROPC-M, Guenou Kossi Tsoekem, investir dans l’éducation nutritionnelle des enfants constitue un levier essentiel pour bâtir des systèmes alimentaires durables et renforcer la sécurité nutritionnelle.
En misant sur les oléoprotéagineux locaux, l’UROPC-M ne se contente pas de promouvoir de bonnes habitudes alimentaires. Elle contribue également à dynamiser les filières agricoles locales, tout en renforçant la résilience des communautés face aux défis économiques et climatiques.
À Tsévié, cette initiative trace ainsi les contours d’un modèle où l’école devient un véritable espace d’apprentissage… mais aussi de transformation sociale et alimentaire.
Jean-Marc Ashraf

