De Kemerida au gouvernorat d’Atakpamé, l’ascension d’un officier supérieur devenu le garant de la cohésion sociale dans la plus vaste région du Togo.

Dans l’habitacle climatisé de son véhicule de fonction filant vers quelque localité reculée de la région des Plateaux, le Général de Brigade Dadja MAGANAWÉ ne consulte pas des rapports militaires. Il observe les plantations de café et de cacao, écoute les doléances des paysans rencontrés au bord de la route. À 61 ans, l’homme qui a commandé les Forces armées togolaises a troqué progressivement le képi d’officier pour le chapeau de rassembleur des communautés.

Né en 1964 dans l’écrin verdoyant de Kemerida, ce fils de la Kara n’a jamais vraiment quitté sa terre natale par le cœur. Bachelier série A4 en poche au lycée de Pagouda dans la Binah en 1984, il aurait pu embrasser une carrière dans les lettres après ses études à la faculté des lettres de l’université du Bénin. Mais le destin en a décidé autrement. L’appel du service de la patrie l’a mené au Sénégal, à l’École nationale des officiers d’active (ENOA) de Thiès, cette pépinière qui formait alors l’élite des officiers ouest-africains. Promu sous-lieutenant en janvier 1992, il a entamé une ascension que rien ne semblait pouvoir arrêter.

Son parcours professionnel force l’admiration par la diversité des responsabilités assumées.

Chef d’état-major général des armées togolaises de décembre 2020 à 2023, huitième du nom à occuper ce prestigieux fauteuil, il a également administré la préfecture de Damkpen et secondé les plus hautes autorités comme secrétaire général du ministère de la Défense. Un parcours qui dessine la silhouette d’un homme de dossiers autant que de terrain.


Mais c’est peut-être dans la région des Plateaux, officiellement confiée à sa gouvernance le 13 novembre 2024, que le personnage révèle toute sa stature. Sur cette terre jadis éprouvée par des conflits interethniques, le Général de Brigade Dadja MAGANAWÉ incarne une promesse de réconciliation. « À l’écoute de toute la population, quel que soit le rang social, la religion, la culture, l’âge, le sexe et l’ethnie », disent de lui ses collaborateurs. L’homme s’attèle à panser les blessures, à recoudre le tissu social déchiré.


Son style ? Discret mais efficace. Loin des proclamations tonitruantes, le Gouverneur préfère les tournées de proximité, les tête-à-tête avec les préfets, les sages de villages, les poignées de main fermes échangées sur les marchés de la région. Il connaît les codes, parle la langue des humbles comme celle des notables.


À la tête de la plus grande région du Togo (12 préfectures avec 32 communes), Dadja MAGANAWÉ incarne désormais cette synthèse rare entre la rigueur du soldat et la sagesse du lettré, entre l’autorité de l’État et l’empathie du fils du terroir. Un équilibre précieux pour une région qui aspire tant à la paix.
Marcel Akakpo

